Petit article pour ceux qui voudraient adopter des chevreaux…

Mais aussi pour les curieux !

En espérant que ma modeste expérience vous soit utile.

Voici donc comment mon histoire caprine commença :

Par chance, lors d’une rencontre fortuite je fut mise en relation avec les gérants de la chèvrerie de mon village . Ils ont alors plus de 100 chèvres pleines ! Après quelques semaines de patience, et quelques visites dans la nurce-chèvrerie, j’adopta deux petites chevrettes d’une semaine (et acheta un gros sac de lait en poudre pour les nourrir au biberon).

J’ai oublié de les peser à leur arrivée mais à vue de bras (et en comparaison à mon chien qui pèse 6 Kg, je leur donnais à peine 3 Kg chacune). En forme mais avec les os bien saillants.

Premier voyage en voiture bien timide, cloîtrées dans un coin du coffre pour le petit kilomètre qui nous sépare de la maison.

Arrivée chez nous, je m’empare d’une chèvre dans chaque bras pour les amener jusqu’à leur jardin (2000 m² rien que pour elles). Mon chien, très curieux et tout excité, devient fou ! Nous prenons quand même le risque de le lâcher… Mieux vaut savoir tout de suite comment ça se passe avec ses nouvelles voisines !

Il les reniflent, tentent quelques culbutages, attaque l’une d’entre elle à deux reprises (frayeurs des parents, cris de la petite et petite tape pour le vilain cabot). Mais plus de peur que de mal, et jusque là, ce n’est plus arrivé. J’étais très inquiète de cette cohabitation, sachant que mon chien est très agressif avec les autres chiens (surtout les mâles) et chiquant facilement les chevilles des hommes qui s’approchent trop près de moi (amis, facteurs, passants et même papa…).

Que néni ! J’ai beau prendre les petites dans mes bras en leur parlant mielleusement et en les caressant abondamment, il s’en fout ! Il renifle, certes, mais il vadrouille, il vit sa vit. Il n’est absolument pas jaloux. Et au pire je n’ai qu’à prononcer le mon « Chat » pour qu’il file à l’autre bout du jardin en courant !

Parlons travaux pratiques maintenant !

Le lait:

En poudre donc, spécial chevreaux et agneaux: je dilue 100 grammes de poudre par litre d’eau. Je les nourrit (pour le moment parce-que je suis archi gaga) 3 fois par jours (à intervalles non réguliers à cause du boulot). On préconise souvent deux fois par jour. Un chevreau doit être sevré entre 1 mois et demi et deux mois, et à minimum 14 Kg.

Le premier jour, les chèvres restent blotties l’une contre l’autre et semblent apeurée. On essaie tant bien que mal de ne pas trop les brusquer. On leur laisse le temps de découvrir leur nouveau lieu de vie.

Les tétées s’avèrent très difficiles: Elles ne comprennent pas que de ce petit bout de plastique sort du lait… Nous sommes inquiets à l’idées qu’elles ne comprennent jamais (ça arrive parfois qu’on soit obligé de les rendre à leur mère jusqu’au sevrage).

Nous multiplions les tentatives, insistons un peu (présentons le biberon face à leur muffle en appuyant sur la tétine pour y faire jaillir le lait dans leur gueule).

Le premier jour, c’est l’échec cuisant, elles ne boivent rien…

Le deuxième jour, face à notre insistance, elles commencent à téter doucement…

Dès le deuxième jour, l’une d’elle présente de gros signes de faiblesse… Elles respire beaucoup trop vite et fait des bruits de gorge (enrouée). Et surtout, ne tient plus sur ses pattes avant ! Elles titube, elle tombe en avant sur le museau ! Grosse culpabilité. A t’elle fait une fausse route par notre faute (lait dans les poumons après une mauvaise déglutition) ? Sachant qu’une fausse route peut entraîner des maladies respiratoires graves et même la mort !

Ni une ni deux, La voyant maigrir et faiblir très rapidement, je décide de l’amener chez le vétérinaire. Il pense lui aussi à une fausse route, semble pessimiste mais la met tout de même sous antibiotiques. Nous devons maintenant lui faire une piqûre par jour pendant 7 jours !

Aller, courage, c’est pour son bien ! On s’y met à deux. Je la tiens fermement pendant que « papa » la pique. Hurlement strident de la pauvre Cosmos, aussitôt soulagée par un bref massage et un biberon bien chaud qu’elle a vite apprit à téter (et sa sœur aussi). Environ 1,5 l par jour et par chevreau. Soit deux biberons de 250 ml, trois fois par jour).

Petit à petit, elle reprend des forces. Elle qui était la plus vigoureuse et la plus grande au début, se fait devancer par sa sœur, bien plus dynamique et espiègle désormais !

Cette petite mésaventure mise de côté, faire le choix de séparer les chevreaux de leur mère, rapidement (après trois ou quatre jour, le temps qu’ils boivent le colostrum: lait sécrété par les mammifères femelles en fin de gestation) garantit une relation privilégiée entre eux et vous. Vous devenez rapidement leur deuxième mère !

Le revers de la médaille n’est-il pas qu’elles nous aiment trop ? Les cris stridents des petites lorsqu’on quitte l’enclos déchirent le cœur ! Ils ressemblent d’ailleurs énormément à ceux d’un bébé ! Moi qui ne suis pas mère, j’en éprouve peut-être quelques sensations similaires ?

Leur abri:

On dit souvent que la chèvre alpine est rustique mais il faut tout de même la mettre à l’abri des courants d’air et de l’humidité. J’ai opté (pour raison financière) pour un abri de jardin en métal de 5,3 m². La porte orientée vers le sud pour éviter qu’il pleuve dedans. Peut-être faudra t-il prévoir une isolation supplémentaire avant l’hiver… Le foin et la paille sont stockés dans une caravane bringuebalante (contre l’abri, pour stopper le vent).

Il faut prévoir une bonne épaisseur de paille pour que les chèvres puissent se blottir. Nous avons mis sous la paille, une bonne couche de sable, pour isoler un peu la litière de l’humidité du sol. Il est conseillé de remettre un peu de paille tous les deux jours pour recouvrir les souillures, et de curer (vider toute la paille et la remplacer par de la paille propre) toutes les deux semaines selon la taille de leur abri (et en fonction de l’espace extérieur dont elles disposent pour faire leurs besoins).

Les câlins:

Au début timides, au bout de quelques jours, elles remuent la queue dès qu’on les nourrit, dès qu’on les touche, dès même qu’on apparaît dans leur champs de vision!

Attention ! Les bisous sur la tête doivent être administrés sans retenue, les trois premières semaines ! Après ça, les cornent pointent déjà et il devient dangereux de tendre la bouche vers elles tant leur mouvements sont imprévisibles !

Le ramassage de mes noix quotidien est beaucoup plus périlleux depuis l’adoption de mes petites protégées ! L’une d’entre elle n’hésite pas à sauter sur mon dos dès que je me penche pour ramasser une noix ! J’essai alors de me déplacer courbée en deux, tout en poursuivant ma récolte, pour ne pas la déloger de mon dos ^^ Je pense qu’il serait plus judicieux de ne pas la laisser prendre ses mauvaises habitudes mais c’est tellement miiiiignooonnn !!! Quand elle fera 60 Kg, je m’en mordrai les doigts !

Pareil pour les tentatives de « têtages » de doigts qui commencent à être un peu mordant… D’ailleurs saviez-vous que la chèvre n’a pas d’incisive sur la mâchoire supérieure ?

Plus d’infos ici (même s’il s’agit de chèvre naine, c’est pareil pour l’alpine): http://les-tites-galopeuses.e-monsite.com/pages/les-soins/les-dents.html

Et ici: http://pepite.over-blog.net/article-6599468.html

En tout cas, elles changent chaque jour et grandissent très vite ! J’essaie de ne pas en perdre une miette, et voici d’ailleurs quelques photos pour vous:

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La tétée du soir !

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Crocus ! (l’espiègle)

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L’abri, la caravane (pour stocker la paille, le foin…) et le râtelier (fait avec une table basse et un parc pour bébé auquel je scierai sûrement un barreau sur deux quand elles seront plus grandes).

Cosmos ! (la timide)