Sevrage

Après deux mois, j’ai décidé de commencer à sevrer mes chèvres. A 10 et 12 Kg (la pesée dans mes bras, sur la balance, fut périlleuse) j’ai commencé à diminuer la quantité de lait pendant environ une semaine (un biberon de 250 ml par jour au lieu de deux). J’ai ajouté à leur alimentation une poignée par jour d’un mélange de céréales aplaties (maïs, orge, avoine…) pendant environ deux semaines. Elle se nourrissent maintenant exclusivement d’herbe, de feuilles, d’écorces et de tout ce qu’elles trouvent dans leur terrain: 100% naturel !

Leurs cornes poussent, leurs bonds se font de plus en plus hauts. Par contre elles continuent de pleurer comme des bébés quand je tourne les talons.

Elles sont, en tout cas, toujours aussi adorables et j’ai hâte qu’elles grandissent, fassent des petits et me donnent du lait.

 

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Mon stage en ferme bio

Dimanche 5 juillet 2015 :

Premiers pas dans une chèvrerie et fabrication de fromages.

Levée à 4h et en route pour Cisai Saint-Aubin dans l’Orne, dans une ferme biologique spécialisée dans l’élevage de chèvres (principalement poitevines) et la fabrication de fromage. On y trouve aussi deux vaches, quelques ânes (je ne sais plus exactement combien) et une dizaine de poules.

batiment

Arrivée à 7h30 j’ai été accueilli par un petit couple bien sympathique passionné par son métier et passionnant. Nous étions six stagiaires, une petite équipe qui nous a permis de mettre la main à la pâte. Après une rapide présentation, nous nous dirigeons vers la chèvrerie pour la traite du matin. 70 chèvres à traire deux fois par jour, inutile de préciser qu’ils ont des trayeuses automatiques.  Une petite déception se lisait facilement dans les yeux des stagiaires espérant traire à la main… Mais pas de panique, malgré la machine, il faut tout de même commencer la traite de chaque chèvre à la main afin de vérifier qu’il n’y ait pas de sang dans le lait (ils appellent ça le lait fraise). C’est un phénomène assez rare et sans gravité qui se produit quand les chèvres se donnent des coups de tête dans les mamelles. Dans ce cas on jette le lait, on surveille bien la chèvre pour prévenir toute infection et dès le lendemain ou surlendemain, en général, tout rentre dans l’ordre.

chèvres

La traite manuelle :

Il s’agit de bien pincer le trayon du pis pour bloquer le lait dans la partie basse, pour ensuite presser légèrement plus bas dans un mouvement de haut en bas pour faire sortir le lait. Si on pince trop haut ou pas assez fort, rien ne sort. Si on hésite trop, on chatouille la pauvre chèvre qui s’impatiente et se met à sauter et taper du pied !

La traite automatique :

On branche un embout sur chaque pis en faisant bien attention que le trayon (bout du pis) ne se pli pas dedans, et c’est parti pour deux à trois minutes seulement.

traite

Avant chaque traite, les chèvres sont dans l’étable, à l’arrivée de leur éleveur, les plus gourmandes se bousculent au portail qui les sépare du pont de traite. Dès qu’il s’ouvre, elles se précipitent pour manger les céréales que l’éleveur leur donne pour faciliter la traite. Elles sont occupées et donc plus coopératives.
traite culs  traite tetes

Une fois que toutes les chèvres sont traites, elles sont sorties dans la prairie (si le temps le permet car elles n’aiment pas la pluie).

Nous sommes ensuite allé nourrir les chevreaux avec du lait… de vache ! Et oui, le lait de leur mère est gardé pour la fabrication de fromage. Chaque petit est retiré à sa mère dès le premier jour de sa vie.

 nurserie biberon

Cela peut paraître cruel mais une séparation plus tardive serait un vrai déchirement pour l’un et pour l’autre, qui pousseraient des cris terribles pendant des jours. De cette manière, la mère n’a pas le temps de s’attacher à son petit, et le chevreau, nourrit par l’homme, sera très sociable et même câlin.

Les chevreaux sont dans différents boxes selon leur age ou leur taille afin d’éviter que les plus forts dominent les plus faibles et les affament. Les mâles partent rapidement à l’abattoir (hé oui, amis végétariens, même en mangeant du fromage, vous tuez des animaux) tandis que les femelles viendront rejoindre leur aînées dès qu’elles auront atteint leur taille adulte. Difficile de quitter ces petites biquettes qui viennent quémander nos caresses et boulotter nos vêtements ! Mais tout a une fin, et la journée continue direction…

La fromagerie :

Première étape, le sas, ou on se lave les mains et ou on enfile tablier, charlotte et sur-chaussures en papier. Une fois entrés dans la salle d’affinage à 20°, l’odeur est forte et surprenante au début (acide). Nous écoutons attentivement la fromagère et moulons nos premiers fromages. Une fois moulés, les fromages s’égouttent pendant environ 12 heures avant d’être retournés, salés et éventuellement saupoudrés de charbon végétal ou épices. Au fur et à mesure qu’un fromage s’affine, il perd énormément d’eau et donc de volume. Les fromages de plusieurs mois aperçus au fond de la chambre froide, sont minuscules et tout rabougris !

 fromages fromages salage

Je préfère les fromages frais ou très légèrement affinés. Et d’ailleurs ça tombe bien, car en amateur, il est difficile, dans sa maison, de respecter les températures d’affinage. Je me demande comment je vais faire. L’idéal serait de construire une pièce en plus rien que pour ça…

 fromages et charbon végétal chambre froide

Après une journée bien remplie, nous repartons avec un fromage chacun et des images plein la têtes. Certains ont été découragés, d’autres venaient juste apprendre quelques secrets caprins. Je repars toujours aussi décidée à adopter deux petites biquettes, même si j’appréhende tout de même la partie fromagerie qui est plus technique, surtout quand on veut vendre ses fromages. De nombreuses réglementations compliquent énormément la tâche. De toute façon le jardin n’est pas prêt, j’ai encore du boulot avant de pouvoir me lancer…

chèvre2

A suivre…

Nous sommes tous terriens.

Je vous défie de regarder ce documentaire jusqu’au bout et d’aller ensuite acheter d’la bidoche au supermarché.  Même si, à mon goût, la musique est trop larmoyante, et c’est bien inutile compte tenu de la dureté des images.

Je voudrais que tout le monde voit ce documentaire, ça devrait même être obligatoire à quiconque souhaitant acheter de la viande, du lait, du cuir ou autres produits issus de ce massacre.

« Earthlings est un documentaire long-métrage sur la dépendance absolue de l’humanité à l’égard des animaux (animaux de compagnie, nourriture, habillement, divertissement, et recherche scientifique) mais aussi sur l’irrespect total pour ceux qu’on peut aussi qualifier de marchandise… »

Sur le même schéma que le racisme et le sexisme, le spécisme favorise ses propres intérêts aux détriments des autres espèces.

Voici quelques citations qui m’ont interpellé dans ce documentaire, et qui, je l’espère vous interpelleront aussi:

« La souffrance d’un être est égale à la souffrance de tout autre être. »

« Les gens espèrent que la viande qu’ils achètent vient d’un animal qui n’a pas souffert. Mais ils préfèrent ne rien savoir. Et pourtant tous ceux qui, par leur consommation, provoquent le sacrifice d’un animal, ne méritent pas d’ignorer les étapes de production de la viande vendue dans le commerce. »

« Si les abattoirs avaient des vitres, ne serions nous pas tous végétariens ? »

« Vous avez dîné, et bien que l’abattoir ait été soigneusement caché dans un lieu convenablement éloigné, vous êtes complice. » Emerson.

« De toutes les créatures, l’Homme est la plus détestable. » Mark Twain.

« Tant qu’il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille. » Léon Tolstoï.

« L’ignorance est la plus fréquente justification des spécistes. Mais avec le temps et la détermination n’importe qui peut facilement découvrir la vérité. »

« Si la souffrance des animaux nous retourne l’estomac, cela montre que nous n’y sommes pas indifférents, même si nous ne voulons pas l’admettre. Ceux qui rejettent l’amour pour les animaux comme n’étant que de la sensiblerie renient une part importante de leur humanité. Quand on respecte un animal, on n’en est pas moins humain. Nous sommes tous terriens, faisons le rapprochement. »